Article du Courrier de l’Ouest, par Yves BOITEAU

Cinq salariés de la régie de quartier Actif s’affichent en grand sur des panneaux publicitaires de la ville. Façon courageuse de vendre leurs compétences auprès des employeurs locaux.

Mal Youn (à gauche) et Betty ont dépassé leurs appréhensions pour s’afficher. Une première victoire en soi.

Les affiches sont prêtes. Et vont se dispatcher d’ici au 30 mars sur 48 panneaux publicitaires et abribus dans toute la ville. Ni vu, ni connu ? C’est toute la question pour Betty, Mal Youn, Hadja, Ahmed et Jean-Marc, les cinq salariés en insertion de la régie de quartier Actif qui ont accepté de participer à cette campagne de communication originale. Et pour cause ? L’objet publicitaire, c’est… eux. En novembre déjà, l’association, qui intervient auprès des publics des quartiers prioritaires de Cholet, avait embarqué six premiers salariés dans l’aventure. Manière de vendre autrement des compétences qui pourraient passer inaperçues via un simple courrier ou mail de candidature. Ça n’avait pas été simple pour eux de se laisser prendre en photos et de s’afficher. Mais je pense que tout le monde a compris que ça avait été un bon outil et une bonne expérience, raconte Élodie Antoine, conseillère insertion professionnelle. Trois des six salariés ont trouvé un emploi depuis.

« Se distinguer des autres »

Effet boule de neige, les choses ont manifestement été plus simples pour la deuxième promo qui a travaillé en confiance avec la photographe professionnelle Charlotte Goislot et un infographiste. Charge à la première de mettre en scène et en valeur leurs profils et personnalités. Charge au second de mettre en forme images et textes pour les rendre visible en milieu urbain. L’idée, c’est aussi de se distinguer des autres dans un contexte économique bouleversé où le démarchage direct en entreprise est beaucoup plus compliqué du fait du Covid-19, prolonge Élodie Antoine.

Agent de propreté, sortie de formation en bio-nettoyage au Greta, Mal Youn Moussa Guedj, 45 ans, concède en souriant avoir pris sur elle pour accepter de s’afficher ainsi. Question de pudeur évidemment. Mais elle reconnaît aussi que l’objectif en vaut la peine. Betty Kerkeb, 27 ans, y voit de son côté un pas de plus accompli vers l’emploi, elle qui s’était tournée vers la régie de quartier pour mieux faire face à quelques difficultés personnelles, tout en complétant sa formation.

Comme pour la première promotion, tous ont d’abord travaillé ensemble leurs compétences pour définir ce qu’ils souhaitaient mettre en avant. En plus des affiches, ils disposent désormais d’un jeu de cartes professionnelles à leur effigie. Pour poursuivre eux-mêmes leurs recherches d’emploi. Soutenue financièrement dans le cadre du Contrat de Ville, l’opération « CV original » de la régie de quartier devrait être reconduite cette année.